Il était une fois un chevalier noir…
Non mais soyons sérieux 2 min! L’histoire commence tout de même en avril 2015 lorsque je rencontre Jesse. Je découvre alors un jeune homme à l’énergie débordante et des projets à la pelle. Il est sur la promotion de son premier livre, The WHAT, WHY and HOW of Charity. On dirait bien que ce gars là veut changer le monde à lui tout seul. Et le plus incroyable, c’est qu’il y croit dur comme fer. Mais il sait qu’il y en aura d’autres, et il veut les regrouper sous un label inspirant. Il sait que l’écriture a un pouvoir, et que c’est cette parole, au-delà de ce qui sera bâti, qui restera comme Legacy, pour reprendre son juste terme. Autour d’un verre, très tard dans cette nuit de dimanche, j’écoute religieusement la vision du jeune Jesse Happy. Il fait déjà quelques scènes et talks à l’époque. Très présent dans les rdv des jeunes entrepreneurs camerounais, des repats, et autres espaces qui mêlent diaspora africaine et jeunesse qui bouge. Dans son flot d’idées, son besoin est clairement identifié.
Une marque à construire autour de l’édition
Il me propose dès lors, de construire un branding autour de cette vision. Ce jeune qui croit dur comme fer à l’essor de son continent (l’Afrique, oui !) et qui veut parler, écrire, motiver, inspirer, toucher une génération. C’est un projet qui lui parle particulièrement. Et qui le passionne à un tel point que j’adhère sans hésiter. Il raconte très bien sa vision. Et c’est là sans doute la clé. Son art du storytelling.
Il me faut désormais démarrer un projet d’identité visuelle autour de l’édition. Une signature: Mr Africa. Elle sera désormais la voûte au-dessus de la parution d’écrits pour inspirer une nouvelle génération d’africains. Le brief est simple: il faut être original… Et africain.
Ça a l’air simple comme ça, mais il faut garder à l’esprit que le commanditaire est Jesse Happy. Il me dit à l’époque, “je ne veux pas juste un travail de graphiste. Je veux un spécialiste qui peut comprendre ma vision, et la traduire en quelque chose de simple, fort et intemporel”.
A ce moment ce n’est pas juste un travail de créa, c’est un défi personnel qu’il me lance en filigrane. Si en surface, il disait qu’il fallait juste faire un logo sympa, chaque petit commentaire qu’il apportait laissait entendre qu’il voyait bien plus grand que ça. Il y avait dans l’air un truc qui murmurait qu’on irait bien plus loin que des livres.
Construire le logo Mr Africa
C’est l’instant pratique. Pour débuter un bon logo, il y a des étapes simples à suivre. Après avoir fait le traditionnel benchmark, vous caler vos trois axes de construction, qui peuvent généralement porter sur le What, le How ou le Why de la marque que vous essayez de construire. Exercice après lequel vous commencez à faire des crayonnés, que je recommande aussi de faire dans des styles différents, en ayant au préalable regardé ce qui est d’usage dans le secteur d’activité, et ce qui est facile à décliner (pas comme le logo de Total Energie).
Mais pour le cas de Mr Africa, je suis resté sur le Why? Et je me suis demandé pourquoi Mr Africa.
De ce que j’avais compris, il fallait dessiner les contours d’une nouvelle Afrique, sur la base de ce que nous avons, de ce que nous pouvons, de ce que nous sommes. Et c’est ce que j’ai fait. Dessiner les contours d’une nouvelle Afrique, avec ce que nous avons, la Terre, ce que nous pouvons, le travail manuel, et ce que nous sommes, des personnes sentimentales. Un chasse mouche trempé dans le potopoto, une écriture imparfaite mais d’un geste assuré. Et voilà Mr Africa.
Une version iconique est conçue pour le dos des livres, mais qui servira aussi de favicon pour le web. Oui, je suis persuadé que Mr Africa ce ne sera pas juste des livres qui prennent de la poussière sur des étagères. Le r de Mister en guise d’Afrique, c’est anecdotique à ce niveau de la compétition.
Être original et africain, c’est la base du brief. Les autres qualités attendues du logo de Mr Africa: simple, fort et intemporel. Pour les apprécier, pas de meilleur juge que… Mr Africa.
La portée de Jesse Happy/Mr Africa
En général, je développe des branding qui donnent de la portée et de la consistance au produit qui est au cœur du projet. L’arnaque du siècle, c’est lorsque c’est le produit qui fait toute la portée et la consistance de son branding. C’est assez rare pour être noté dans un environnement où pas mal de gens comptent sur le design pour sauver le cycle de vie d’un produit généralement moyen voire médiocre. Et je puis vous assurer que ça marche. Dans le cas de Jesse Happy, je voulais vendre ses livres, mais finalement j’ai vendu… Jesse Happy.
Des livres, des conférences, des séminaires, des team building…Mr Africa est sur toutes les scènes, sur toutes les plateformes, sur tous les continents. Protéiforme, il devient Mr Speaker, Mr Corolearner, et même Mr CEO au besoin.
Mr Africa, ce cas d’école, nous enseigne en somme une leçon toute simple: la qualité du design et de l’identité visuelle ne suffit pas à faire réussir un projet de personal branding. La vision, la qualité de votre communication et l’organisation des actions et réalisations pour lesquelles vous souhaitez être reconnus feront un bon 60% du travail.
Ce qui était à la base un storytelling bien ficelé pour une marque d’édition, est devenu au fil des succès de Jesse Happy Carlton, une marque personnelle réussie. Il a fait de Mr Africa – Words of the future, ce que je définirais ici comme un Way of the future. Un chemin inspirant, pour construire l‘Afrique. Parce que c’est ce que nous avons de mieux à retenir au final des formes approximatives de cette Afrique. We have a continent to build.